L a L ouve
ALI HADJAR
Ils sont cinq. Didier, Manuel, Bruno, Fred et José. Un quinter. La Main de Sainte-Fatima... veille sur eux ! Et gravitent autour d'eux des musiciens qui s'invitent à la fête... Du sang... cubano y rumbas. D'abord, il y a Didier, le grand Didier, blond, rond, bien dans sa chair, d'un calme impressionnant. basse en mains, un guerrier de l'apocalypse qui arrose... du son partout. Et partout on l'acclame. Il est le chef de la Clac'Son. Mais pas le Maître. Et puis il y a l'autre, le Spagnouli, le hidalgo, pas vraiment une beauté, mais un charme fou. Quand il chante, les filles ne fixent pas sa tronche mais ses hanches : un alezan prêt à monter une jument. C'est le trou que laisse une dent morte qui m'attire chez lui... quand la nostalgie du flamenco l'étreint et lui fait écarter les mâchoires. Lui c'est Manolo's. De son vrai nom : Manuel de Elcantara. Le « De » est en plus. Force est d'anoblir ceux qu'on aime pour ce qu'ils sont, et pour ce qu'ils font. Plus, depuis le temps qu'il chante... Outre la chanson, Manolo's est traducteur. Pire encore, il est l'un des rares nouvellistes qui m'ait ému à la première lecture. L'aventure a commencé en 2005. Comme ça, par hasard, au bar La Liberté, au Faubourg St-Antoine, dans le XIè. Didier y croise Manolo's. D'abord on boit un verre et d'autres... et on parle musique. Les deux hommes ajustent leurs tendances musicales et dessinent leur ambition. La Clac'Son est né. Les autres... ... Bruno Angelopoulos, un gréco-kabyle, oui ça existe, un cuatro hors pair dont la casquette semble une extension de son crâne. Et Fred Belhacène, encore un produit d'une aventure amoureuse pas comme les autres, guitariste mais aussi vocaliste. Enfin, le percussionniste, José Antonio Vallejo de Santiago de Cuba, un beau grand noir qui ne bavarde pas beaucoup mais qui tape fort... Avec la venue de ces trois autres, la Clac'là 'sonne.
MANOLO's
Photo 1 : Didier, Bruno, José, Manuel, Fred Photo 2 : Didier, Bruno, Manuel, José, Fred
Arrivé il y a environ trois décennies, si ce n'est plus, Ali a déjà fait souche fi França, pourtant, quelquefois, la nostalgie... Et le luth, comme la langue, deviennent une patrie de substitution.
OCTOBRE 2008
Georges Gavazzi - RomancierElle arpente les montagnes et le lit asséché des rivières, à la recherche d'os de loups. Lorsqu'elle est parvenue à reconstituer un squelette dans sa totalité, lorsque le dernier os est en place et que la belle architecture blanche de l'animal est au sol devant elle, elle s'assoit auprès du feu et réfléchit au chant qu'elle va chanter. Quand elle a trouvé, elle se lève et, les mains tendues au dessus de la créature elle chante. C'est alors que la cage thoracique et les os des pattes du loup se recouvrent de chair et que sa fourrure pousse. La loba chante encore et la créature se met à respirer. La Loba chante toujours la bête ouvre les yeux, bondit sur ses pattes et détale dans le canyon. Quelque part durant sa course, soit du fait de sa vitesse, soit parce qu'elle traverse une rivière à la nage,…elle se transforme soudain en une femme qui court avec de grands éclats de rire vers l'horizon, libre.» Clarissa Pinkola Estés Femmes qui courent avec les loups
Oualdi
La Chair à Canon » n'est pas un appel à la vengeance, mais un acte d'amour. Acte d'amour d'Ali Hadjar envers ses pères. Il dit leurs exploits, leur courage, la valeur de leur don. Il dit aussi leur beauté et leurs souffrances, l'injustice subie et la justesse de leur plainte. La présentation de cet album est esthétique, presque luxueuse. Beaucoup de plaisir à le compulser. Odile Savelli
C'est par la création que je m'engage aujourd'hui en tant que femme issue d'une famille musulmane, citoyenne française, et artiste. Tout d'abord ma rencontre avec Louise L. Lambrichs au cours de l'adaptation de son roman journal d'Hannah en 2006. Elle achève alors le dernier volet de sa trilogie concernant la guerre en ex Yougoslavie. La lecture de cette œuvre me captive et produit en moi une prise de conscience brutale, assortie d'un sentiment de profonde indignation. Comment est-il possible qu'à deux heures et demi de Paris, en Europe, alors que j'étais une jeune mère de 21 ans, se soit déroulée une guerre atroce et même - cinquante an ans après la Shoah - un génocide officiellement reconnu qui s'est abattu cette fois sur les musulmans de Bosnie ? Le livre de Louise L.Lambrichs m'éclairait enfin sur un conflit auquel je n'avais jusqu'ici rien compris. Et du coup, j'ai eu envie d'aller voir sur place, de vérifier en quelque sorte, pour comprendre par moi-même ce qui, vu de France, semblait incroyable. Au cours de mon voyage en Bosnie et en Croatie en Juillet 2007, j'ai pu mettre des images, des voix sur ces évènements, j'ai pu entendre de mul- tiples témoignages sur cette guerre, j'ai participé avec 2300 personnes à la marche de commémoration du massacre de Srebrenica, à l'exhumation des charniers, au défilé des cercueils…et toutes ces expériences et ces nouvelles rencontres ont confirmé le sentiment que j'avais éprouvé au cours de la lecture : l'interprétation de Louise L.Lambrichs était juste. Cette découverte m'a donné envie de mettre en scène cette voix qu'elle fait vibrer dans Nous ne verrons jamais Vukovar, et de la faire entendre, car cet engagement est aussi, jusque dans sa véhémence, une parole de paix, de construction et de transmission. J'ai donc eu envie de la colporter, à ma façon, avec mes propres moyens artistiques, le plus largement possible.
A dos de cham
Il s'appelait M...
EXTRAIT Quelques jours plus tard, le diable revint. Et la fille du meunier se mit à pleurer. Elle pleura tant et tant que ses larmes coulèrent le long de ses bras et bientôt ses mains furent parfaitement propres, immaculées. - Meunier ! Coupe-lui les mains, sinon je ne peux l'approcher - Tu veux que je tranche les mains de mon enfant ? » - Sinon, tout ici mourra, toi, ta femme, ta meule de pierre et toutes les richesses que je t'ai donné. ». - Pardonne moi, mon enfant, et aide moi, si je n'obéis pas, le diable nous tuera, ta mère et moi.. - père, je suis ton enfant, fais comme tu dois. ». Nul ne sait qui cria le plus fort, du père ou de son enfant. Et c'en fut fini de la vie qu'avait connue la jeune fille.
La Louve nous plonge au coeur d'un voyage multiple et riche, mêlant avec générosité conte, roman, théâtre et danse. Elle est née de la rencontre de Saïda Mezgueldi avec le livre de Clarissa Pinkola Estés « Femmes qui courent avec les loups». Il traite à travers l'analyse de différents contes traditionnels, de la nature instinctive de chaque femme. Cette lecture a mis en lumière le profond désir de Saïda Mezgueldi de donner vie à une oeuvre originale et de mettre la femme, sa quête d'identité, au coeur de sacréation en réadaptant le conte de « La jeune fille aux mains d'argent ». Qu'on la nomme Humana, la Huesera, la louve est la femme sauvage. Elle incarne la nature instinctuelle et essentielle de toutes les femmes. Aimante, c'est elle qui nous conte l'histoire de la jeune fille aux mains d'argent. Et puis il y a Hannah, héroïne du roman de Louise.L.Lambrichs qui au travers de son journal nous révèle sa blessure intime, son difficile chemin vers l'apaisement. Par un choix artistique audacieux, le monde de la magie et du merveilleux du conte se trouve confronté au roman, sous une forme intimiste. Ces deux types d'écritures différentes se croisent et se rencontrent sur scène, toujours sous le regard bienveillant de la louve qui insuffle courage et persévérance aux femmes qui savent l'écouter. Elle les aide à avancer d'un pas sur, et leur rend le pouvoir de leurs intuitions Conte et roman se répondent et se frôlent, et leur conversation nous emmène vers un ailleurs inédit. Il s'agit d'un va et vient entre les épreuves de « La jeune fille aux mains d'argent », et l'histoire singulière d'Hannah, entre des moments de souffrances ou de craintes et des moments de prise de conscience, d'apaisement, jusqu'au dénouement. La danseuse devient le lien rendu visible qui unit les deux personnages féminins, elle est toute à la fois pulsion de vie créatrice de la louve et matérialisation des mots et des maux d'Hannah. Elle est l'âme d'Hannah. L'évident plaisir que prend Saïda Mezgueldi à mêler ces différents types d'expressions artistiques fait que « La Louve» n'a de cesse de nous transporter de façon toujours très fluide de l'universel à l'intime, de l'extérieur vers l'intérieur, en laissant les histoires de « La jeune fille aux mains d'argent » et d'Hannah s'enrichir et se rejoindre l'une l'autre, en nous permettant d'être tour à tour dans l'action, la réflexion et l'émotion. La louve et une oeuvre généreuse et vibrante, c'est aussi une très belle invitation au partage, à la rencontre de soi même et des autres.
Ebki ya aïni
Femmes d'Alger
D'aprés le journal d'Hannah de Louise L.Lambrichs, et le conte traditionnel de La jeune fille sans mains Mise en scène : Saïda Mezgueldi (2007) Avec : Rayhana Obermeyer, Mélina Bomal et à la danse Chloé Hernandez Chorégraphie : Chloé hernandez, Saïda Mezgueldi Musique : Frédéric Juan et Sylvain Bayol lumières : Stephane Charrier
et la CLAC'SON
Magnifique livre illustré qui raconte l'enrôlement des Algériens dans l'armée française de 1854 à 1954. Ce livre est un hommage au dévouement de ces algériens qui ont combattu dans toutes les guerres coloniales sous les drapeaux français. Il réhabilite la mémoire de cette facette de l'histoire franco-algérienne, trop souvent amnésique et falsifiée. La mise en regard des images, des documents d'époque, avec le texte est particulièrement intéressante et émouvante. A la lecture de cet ouvrage, Ali Hadjar apparaît sans doute comme un non-violent qui règle ses comptes. Pour cela, il se contente de montrer : il a utilisé uniquement des documents –textes à la présentation claire et illustrations nombreuses- des périodes visitées. Ceux-ci traitent en priorité de l'apport de la colonisation à la puissance militaire de la France ; laquelle enchaînait alors guerre sur guerre. (Est-ce la décolonisation qui a rendu l'Occident plus pacifique ?). Zouaves, Spahis, Curcos, Première Armée en 44, ces corps prestigieux sont couverts d'éloges et d'admiration par la population, par l'armée et même par l'ennemi. Mais en parallèle, l'auteur cite des textes sur le statut humiliant que l'Etat français réservait aux Algériens musulmans. Alors, le commentaire revient au lecteur.
Nous ne verrons jamais Vukovar Une adaptation libre du livre de Louise L. Lambrichs
Peux-tu m'envoyer une petite biographie de ta personne ? Merc i Mokeddem Ma biographie? Je suis beaucoup trop jeune pour en avoir une, voyons ! je sais pas... Tu peux juste dire que je suis traducteur de l'anglais et de l'espagnol, après avoir été enseignant, pigiste et correcteur. Né à Suresnes, dans le 92... alcoolique et érotomane, dépressif optimiste... et je vais bientôt me faire poser une prothése de prémolaire... démerde-toi avec ça ! Manolo's
Le Midi Libre Samedi soir, au Centre culturel François-Villon, la présence nombreuse d'un public géné­reux en applaudissements a salué l'existence d'un specta­cle de qualité et a récompen­sé le travail d'une équipe artis­tique multiple, associant un metteur en scène et des comédiennes talentueux. La Louve ce n'est pas un Monologue du vagin, mais s'inscrit dans la lignée de ces pièces de théâtre modernes, osées, porte-parole des femmes bafouées, blessées, limées qui haussent très haut le drapeau du droit au désir et au plaisir. L'interaction entre la parole, la danse, le texte (inspiré du roman de Louise L. Lambrichs, des contes traditionnels, le vécu du metteur en scène) donne un poids existentiel à ce conte théâtralisé et dansé dans un décor très épuré. La danse (Chloé Hernandez est magistrale et suggestive), articule les deux histoires, les comédiennes Melina Bomal et Rayhana Obermeyer illustrent avec force les fantasmes, les angoisses, les névroses, les rires et les si­lences de la vie d'une femme, toutes nous transportent de façon fluide de l'universel à l'intime de la réflexion à l émotion . La mise en scène hamletienne de Saïda Mezgueldi, sur l'idée « une femme est une douleur toujours présente », réussit le pari d'illustrer le mal de la peur et la peur du mal, les trésors cachés de l'âme d'une femme (ô, fragili­té ton nom est femme...). Très fort ce va et vient entre les épreuves d'une vie qui sont celles de la vie éter­nelle entre souffrances, craintes, apaisement. Ce mélange de différents ty­pes artistiques est crédible, La Louve s'impose comme une pièce de vie et d'amour universel féminin. Le Midi Libre Mardi 15 janvier 2007
V ukovar & P apillon
THEATRE EN MOUVEMENT
SA Ï DA MEZGUELDI
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Stéphane Santini - Photographe Noelle Lieber - artiste peintreMise en scène : Saïda Mezgueldi Avec : Mélina Bomal comédienne Séverine Allarousse et Chloé Hernandez à la danse Musique : Marianne Monnier (guitare) et Catherine Basson (violon) Son et vidéo : Sylvère Petit Décors : Claude Georges
Saïda Mezgueldi est née le 29 juillet 1970, son parcours se situe entre deux univers, celui de la scène et des ateliers. Depuis plus de 15 ans, elle s'emploie à transmettre son goût du texte, des mots et de leurs modes d'expression. Autodidacte son approche artistique et pédagogique reste originale, intuitive et spontanée. En 2003 elle décide de monter sa compagnie, THEATRE EN MOUVEMENT pour dire à sa manière le monde qui l'entoure. Parce qu'elle aime détourner les oeuvres de leur destination première, elle met en scène des textes qui ne sont pas forcément voués au théâtre (essais, romans, contes...). Elle affirme son attachement à un théâtre contemporain et engagé. Préconisant le décloisonnement des champs artistiques, elle invite des artistes de tous bord, comédiens, danseurs, musiciens, plasticiens, écrivains, vidéastes...à nourrir son imaginaire. Puis à partir de ce brassage héteroclite, elle en dégage une cohérence à même de porter la parole de l'auteur