SA Ï DA MEZGUELDI
Saïda Mezgueldi est née le 29 juillet 1970, son parcours se situe entre deux univers, celui de la scène et des ateliers. Depuis plus de 15 ans, elle s'emploie à transmettre son goût du texte, des mots et de leurs modes d'expression. Autodidacte son approche artistique et pédagogique reste originale, intuitive et spontanée. En 2003 elle décide de monter sa compagnie, THEATRE EN MOUVEMENT pour dire à sa manière le monde qui l'entoure. Parce qu'elle aime détourner les oeuvres de leur destination première, elle met en scène des textes qui ne sont pas forcément voués au théâtre (essais, romans, contes...). Elle affirme son attachement à un théâtre contemporain et engagé. Préconisant le décloisonnement des champs artistiques, elle invite des artistes de tous bord, comédiens, danseurs, musiciens, plasticiens, écrivains, vidéastes...à nourrir son imaginaire. Puis à partir de ce brassage héteroclite, elle en dégage une cohérence à même de porter la parole de l'auteur
THEATRE EN MOUVEMENT
Nous ne verrons jamais Vukovar Une adaptation libre du livre de Louise L. Lambrichs OCTOBRE 2008 Mise en scène Saïda Mezgueldi Avec Mélina Bomal comédienne, Séverine Allarousse et Chloé Hernandez à la danse Musique Marianne Monnier (guitare) et Catherine Basson (violon) Son et vidéo Sylvère Petit Décors Claude Georges
C'est par la création que je m'engage aujourd'hui en tant que femme issue d'une famille musulmane, citoyenne française, et artiste. Tout d'abord ma rencontre avec Louise L. Lambrichs au cours de l'adaptation de son roman journal d'Hannah en 2006. Elle achève alors le dernier volet de sa trilogie concernant la guerre en ex Yougoslavie. La lecture de cette œuvre me captive et produit en moi une prise de conscience brutale, assortie d'un sentiment de profonde indignation. Comment est-il possible qu'à deux heures et demi de Paris, en Europe, alors que j'étais une jeune mère de 21 ans, se soit déroulée une guerre atroce et même - cinquante an ans après la Shoah - un génocide officiellement reconnu qui s'est abattu cette fois sur les musulmans de Bosnie ? Le livre de Louise L.Lambrichs m'éclairait enfin sur un conflit auquel je n'avais jusqu'ici rien compris. Et du coup, j'ai eu envie d'aller voir sur place, de vérifier en quelque sorte, pour comprendre par moi-même ce qui, vu de France, semblait incroyable. Au cours de mon voyage en Bosnie et en Croatie en Juillet 2007, j'ai pu mettre des images, des voix sur ces évènements, j'ai pu entendre de mul- tiples témoignages sur cette guerre, j'ai participé avec 2300 personnes à la marche de commémoration du massacre de Srebrenica, à l'exhumation des charniers, au défilé des cercueils…et toutes ces expériences et ces nouvelles rencontres ont confirmé le sentiment que j'avais éprouvé au cours de la lecture : l'interprétation de Louise L.Lambrichs était juste. Cette découverte m'a donné envie de mettre en scène cette voix qu'elle fait vibrer dans Nous ne verrons jamais Vukovar, et de la faire entendre, car cet engagement est aussi, jusque dans sa véhémence, une parole de paix, de construction et de transmission. J'ai donc eu envie de la colporter, à ma façon, avec mes propres moyens artistiques, le plus largement possible.
L a L ouve D'aprés le journal d'Hannah de Louise L.Lambrichs, et le conte traditionnel de La jeune fille sans mains Mise en scène Saïda Mezgueldi (2007) Avec Rayhana Obermeyer, Mélina Bomal et à la danse Chloé Hernandez Chorégraphie Chloé hernandez, Saïda Mezgueldi Musique Frédéric Juan et Sylvain Bayol lumières Stephane Charrier
Elle arpente les montagnes et le lit asséché des rivières, à la recherche d'os de loups. Lorsqu'elle est parvenue à reconstituer un squelette dans sa totalité, lorsque le dernier os est en place et que la belle architecture blanche de l'animal est au sol devant elle, elle s'assoit auprès du feu et réfléchit au chant qu'elle va chanter. Quand elle a trouvé, elle se lève et, les mains tendues au dessus de la créature elle chante. C'est alors que la cage thoracique et les os des pattes du loup se recouvrent de chair et que sa fourrure pousse. La loba chante encore et la créature se met à respirer. La Loba chante toujours la bête ouvre les yeux, bondit sur ses pattes et détale dans le canyon. Quelque part durant sa course, soit du fait de sa vitesse, soit parce qu'elle traverse une rivière à la nage,…elle se transforme soudain en une femme qui court avec de grands éclats de rire vers l'horizon, libre.» Femmes qui courent avec les loups Clarissa Pinkola Estés
EXTRAIT Quelques jours plus tard, le diable revint. Et la fille du meunier se mit à pleurer. Elle pleura tant et tant que ses larmes coulèrent le long de ses bras et bientôt ses mains furent parfaitement propres, immaculées. - Meunier ! Coupe-lui les mains, sinon je ne peux l'approcher - Tu veux que je tranche les mains de mon enfant ? » - Sinon, tout ici mourra, toi, ta femme, ta meule de pierre et toutes les richesses que je t'ai donné. ». - Pardonne moi, mon enfant, et aide moi, si je n'obéis pas, le diable nous tuera, ta mère et moi.. - père, je suis ton enfant, fais comme tu dois. ». Nul ne sait qui cria le plus fort, du père ou de son enfant. Et c'en fut fini de la vie qu'avait connue la jeune fille.
Le Midi Libre Samedi soir, au Centre culturel François-Villon, la présence nombreuse d'un public généreux en applaudissements a salué l'existence d'un spectacle de qualité et a récompensé le travail d'une équipe artistique multiple, associant un metteur en scène et des comédiennes talentueux. La Louve ce n'est pas un Monologue du vagin, mais s'inscrit dans la lignée de ces pièces de théâtre modernes, osées, porte-parole des femmes bafouées, blessées, limées qui haussent très haut le drapeau du droit au désir et au plaisir. L'interaction entre la parole, la danse, le texte (inspiré du roman de Louise L. Lambrichs, des contes traditionnels, le vécu du metteur en scène) donne un poids existentiel à ce conte théâtralisé et dansé dans un décor très épuré. La danse (Chloé Hernandez est magistrale et suggestive), articule les deux histoires, les comédiennes Melina Bomal et Rayhana Obermeyer illustrent avec force les fantasmes, les angoisses, les névroses, les rires et les silences de la vie d'une femme, toutes nous transportent de façon fluide de l'universel à l'intime de la réflexion à l émotion . La mise en scène hamletienne de Saïda Mezgueldi, sur l'idée « une femme est une douleur toujours présente », réussit le pari d'illustrer le mal de la peur et la peur du mal, les trésors cachés de l'âme d'une femme (ô, fragilité ton nom est femme...). Très fort ce va et vient entre les épreuves d'une vie qui sont celles de la vie éternelle entre souffrances, craintes, apaisement. Ce mélange de différents types artistiques est crédible, La Louve s'impose comme une pièce de vie et d'amour universel féminin. Le Midi Libre Mardi 15 janvier 2007
La Louve nous plonge au coeur d'un voyage multiple et riche, mêlant avec générosité conte, roman, théâtre et danse. Elle est née de la rencontre de Saïda Mezgueldi avec le livre de Clarissa Pinkola Estés « Femmes qui courent avec les loups». Il traite à travers l'analyse de différents contes traditionnels, de la nature instinctive de chaque femme. Cette lecture a mis en lumière le profond désir de Saïda Mezgueldi de donner vie à une oeuvre originale et de mettre la femme, sa quête d'identité, au coeur de sacréation en réadaptant le conte de « La jeune fille aux mains d'argent ». Qu'on la nomme Humana, la Huesera, la louve est la femme sauvage. Elle incarne la nature instinctuelle et essentielle de toutes les femmes. Aimante, c'est elle qui nous conte l'histoire de la jeune fille aux mains d'argent. Et puis il y a Hannah, héroïne du roman de Louise.L.Lambrichs qui au travers de son journal nous révèle sa blessure intime, son difficile chemin vers l'apaisement. Par un choix artistique audacieux, le monde de la magie et du merveilleux du conte se trouve confronté au roman, sous une forme intimiste. Ces deux types d'écritures différentes se croisent et se rencontrent sur scène, toujours sous le regard bienveillant de la louve qui insuffle courage et persévérance aux femmes qui savent l'écouter. Elle les aide à avancer d'un pas sur, et leur rend le pouvoir de leurs intuitions Conte et roman se répondent et se frôlent, et leur conversation nous emmène vers un ailleurs inédit. Il s'agit d'un va et vient entre les épreuves de « La jeune fille aux mains d'argent », et l'histoire singulière d'Hannah, entre des moments de souffrances ou de craintes et des moments de prise de conscience, d'apaisement, jusqu'au dénouement. La danseuse devient le lien rendu visible qui unit les deux personnages féminins, elle est toute à la fois pulsion de vie créatrice de la louve et matérialisation des mots et des maux d'Hannah. Elle est l'âme d'Hannah. L'évident plaisir que prend Saïda Mezgueldi à mêler ces différents types d'expressions artistiques fait que « La Louve» n'a de cesse de nous transporter de façon toujours très fluide de l'universel à l'intime, de l'extérieur vers l'intérieur, en laissant les histoires de « La jeune fille aux mains d'argent » et d'Hannah s'enrichir et se rejoindre l'une l'autre, en nous permettant d'être tour à tour dans l'action, la réflexion et l'émotion. La louve et une oeuvre généreuse et vibrante, c'est aussi une très belle invitation au partage, à la rencontre de soi même et des autres.
Invités
Ali Hadjar - auteur / musisien Saïda Mezgueldi - Dramaturge Manolos Annonces Publications Romans
Nuit afghane. ed Nicolas Philippe Paris l'autre désert Salut compagnons ! Fils de ta mère ! Traductions
La mémoire de la chair Inédits Calligraphies Liens
Georges Gavazzi, romancier Les Editions Mokeddem Noelle Lieber, dessinatrice Stéphane Santini, photographe Contact Accueil Ed. Mokeddem